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Karaté Magazine : numéro 6 - février 2004 - Extraits
Carpin, un réunionnais à Paris
Spécialiste du kata, Joël Carpin est expert dans l’art d’allier technique et maîtrise de soi. Il est toujours sur le fil du rasoir. Dans sa vie privée, c’est pareil.
Il s’ingénie à concilier ses études, ses loisirs et le karaté. Et là aussi, c’est souvent limite.
Dans une spécialité comme dans l’autre, Joël est devenu un maître.
 
Fiche technique
Né le 6 mai 1977 à Saint-Denis (Réunion)
Grade : 2e dan
Club : Karaté Boxing Club Menton
Palmarès :
Champion du monde universitaire 2002
Vice champion d’Europe 1998
3e championnats d’Europe 2001, 2003
Champion de France 1994, 1996, 1997, 1998, 2001, 2003
Vice champion de France 1999, 2000
Vainqueur de la Coupe de France 1997, 2000, 2001, 2002, 2e en 1998, 1999, 2003
Champion de France universitaire 2002, 2003
Vainqueur de l’Open de Belgique en 2002
2e Open de Paris 2002, 2003
 
Une journée avec Joël Carpin
"J’aime la vitesse, prévient d’entrée Joël Carpin. J’aime les voitures de courses,les rallyes. J’aime le speed." Nous voilà donc prévenu.
Simplement, ce que le champion de kata avait oublié de nous dire c’est que dans sa vie, c’est la même chose. Vite semble être son maître mot. Surprenant pour ce fils de la Réunion qu’on voyait plutôt prendre son temps, tranquille. « Effectivement, je suis comme ça… mais là-bas. Ici, ce n’est pas possible. Pourtant, j’étais le premier à halluciner lorsque je suis arrivé en 1998. Je voyais les gens courir dans les transports! Je me croyais chez les fous. Je me disais qu’ils devaient être malades de se presser comme ça. Et puis, j’ai commencé à avoir mes premiers retards dus aux transports en commun. Tout est alors devenu plus clair. Il FAUT courir si tu ne veux pas être en retard. Je suis rentré dans le moule. Maintenant, j’ai dû mal à vivre autrement. »
Réunionnais de cœur, Parisien d’adoption depuis six ans, Joël, a su prendre la mesure de son environnement. Levé avec le soleil, il ne se couche pas avec lui. Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’entre le moment
où il quitte son lit et celui où il le retrouve, il n’a pas chômé. Jugez plutôt : « Sitôt levé, je m’habille pour aller courir. Une demi-heure tous les matins sauf en période de grosse préparation. Cela me permet de me mettre dans ma journée. J’enchaîne par des étirements, des abdos et des pompes. Ce n’est qu’ensuite que je rentre prendre une douche et mon petit-déjeuner » Il est à peine huit heures et notre athlète s’apprête maintenant à prendre son vélo pour rallier l’INSEP.
Un peu de cyclisme après la course, pourquoi pas ? « Je n’habite pas très loin. Il me faut juste une dizaine de minutes pour m’y rendre. Je me suis dit que le vélo était la meilleure solution. » Notez bien, avant le début de ses cours, à neuf heures, Joël a déjà couru une demi-heure et fait un quart d’heure de vélo. C’est vous dire le rythme qu’il tient. Surtout que la suite de sa journée est loin d’être un long fleuve tranquille.
De 9 à 11 heures, il suit des cours de management des métiers du sport, niveau licence. Du physique mais aussi de l’intellect.
Surtout que le jeune homme a déjà son idée sur son avenir : « Je pense m’orienter vers le professorat de sport ou le concours technique territorial. Dans l’immédiat, je veux surtout aller jusqu’au bout de mes études
et réussir ma carrière sportive. »
 
Sourire aux lèvres, Joël est aussi un
modèle de rigueur, celle qui l’amènera
peut-être sur un podium mondial en
novembre prochain.
«Tout dans la tête»
 
À ce propos, sitôt sorti des cours, c’est l’entraînement qui pointe le bout de son nez.
Et après un peu de repos quand même ?
Non, après Joël réenfourche son vélo pour rentrer déjeuner chez lui. Le retour en cours, à 14 heures est quelquefois périlleux. «C’est vrai que j’ai du mal durant la première demi-heure, acquiesce en riant le sociétaire du club de Menton,entre la fatigue et la digestion.
Heureusement, j’ai ma méthode…» Elle consiste à avaler du café à longueur de journée.
C’est que celle-ci est loin d’être terminée. À 16 heures, c’est le retour sur les tapis de l’INSEP pour une deuxième séance d’entraînement.

« Je n’arrête pas là, souligne-til, infatigable. À la fin de la séance, je rentre chez moi déposer mon vélo et je saute dans un RER direction la Cité Universitaire où je donne des cours de karaté, parfois jusqu’à 23 heures. » Et le repos dans tout ça ? « J’ai des journées chargées, concède Joël, mais je me repose le week-end et pendant les vacances.» C’est bizarre mais on le croit à peine.
Il suffit de peu pour qu’il avoue :« C’est vrai que depuis que je suis à Paris, j’ai pris un rythme infernal. J’ai toujours un truc à faire.
Même quand je rentre à la Réunion, je suis moins calme qu’avant. » De telles journées demandent une organisation quasi militaire.
Pourtant, malgré son emploi du temps de ministre, le multiple champion de France ne possède pas d’agenda, le compagnon préféré des gens « surbookés ». « J’ai tout dans la tête. Toute ma semaine est organisée. J’aime que tout soit ordonné et je sais exactement ce que j’ai à faire. Je trouve même le temps de me promener à Paris et de faire les magasins » avoue-t-il...
 
Samouraï
L'expérience
 
Scénario : Bruno HOFFER
Dessins : Fred ASTIER

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Gérard Martial
Officiel Karaté Magazine est une publication de la Fédération Française de Karaté et Disciplines Associées.
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