Karaté Magazine |
| Champion du monde, le capitaine Baldé, le plus brillant des karatékas français, ne le sera pas en individuels.
Il emmène cependant un groupe exemplaire vers le titre suprême. La France est à nouveau championne du monde par équipes. |
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| XVIIe Championnats du monde
KATA MASCULIN INDIViDUEL Pas de chance au tirage ! M. Dack (FRA) / L. Valdesi (ITA) 1-2 (Sei/chin) M. Dack (FRA) / A. Diaz (VEN) 0-5 (Chat Kus) Finale : L. Valdesi (ITA) bat A. Tamashiro (PER) 5-0 (Gankaku contre kanku sho) Pour une entrée en matière à ce niveau, on ne peut pas dire que le Français Minh Dack ait été gâté. C’est en effet contre le champion d’Europe en titre, et champion du monde par équipes depuis la veille, l’Italien Valdesi, qu’il commençait sa journée. Un handicap de réputation doublé du fait que son kata «shito» imposé au premier tour ne pouvait pas rivaliser avec le shotokan de l’Italien. Pourtant, sur le tapis, la différence était si minime, qu’un juge sur les trois pencha en sa faveur. Tandis que l’Italien imposait ensuite sa netteté et son expérience à un Vénézulien exceptionnel, à un Japonais puissant mais frustre et au Péruvien Tamashiro en finale, le Français buttait dès le premier tour de repêchages sur le Vénézulien, sans doute l’homme le plus fort ce jour-là avec l’Italien. Pas de médaille donc, mais une prestation d’avenir. |
![]() Minh Dack a l’habitude de sauter les étapes.
Il revient cette fois sans médaille, mais l’avenir lui appartient. |
| LE BILAN DE LAURENT RICCIO AVEC YVES BARDREAU
«Nous ne pouvons pas nous plaindre de finir avec trois médailles pour quatre engagés. Mais, forcément, la défaite de notre trio féminin en finale est un coup très rude. Il est difficile d’en parler à chaud, de l’accepter et de le comprendre, pour elles comme pour nous. Le premier indice, à ce stade, c’est que notre équipe n’a peut-être pas su assez renouveler son programme, tandis que les Japonaises par exemple, avaient fait quelque chose de neuf. À mon sens, moins précis techniquement et moins brillant, mais les juges en ont décidé autrement et il faudra en tenir compte. Tout de même, faire chuter les championnes en titre, même sur un score aussi serré, avec le programme présenté, c’est dur. C’est une leçon, il faut surprendre à chaque fois. Pour le reste, il n’y a rien à dire. Myriam [Skudlarek, 2e] a fait une très grande performance en revenant à son meilleur niveau et à réussi un championnat parfait. Mais Wakaï a été parfaite aussi. Le trio masculin justifie la confiance que l’on a mis en eux. L’objectif de base était au moins de passer la Croatie qui avait battu leurs prédécesseurs aux derniers championnats d’Europe. La médaille, est un formidable bonus. Quant à Minh [Dack, non classé], il n’a vraiment pas eu de chance au tirage. Mais on croit vraiment en lui.» |
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![]() Concentration et rage de vaincre du trio kata masculin.
Au bout, une vraie perf : le bronze. |
![]() Champions-du-monde…
Les Françaisdans le sillage de Baldé, étincelant, reprennent le titre perdu en 2002. Quelle réponse ! |
| KATA FÉMININ INDIVIDUEL
WAKAï-SZKUDLAREK, ACTE IV… 1er tour : M. Szkudlarek (FRA) / T. Diendorfer (AUT) : 3-0 (Jion) 2e tour : M. Szkudlarek (FRA) / S. Conell (ECO) : 3-0 (Kanku dai) 3e tour : M. Szkudlarek (FRA) / M. Kis (SCG) : 3-0 (Enpi) 4e tour : M. Szkudlarek (FRA) / M. Cogolludo de Las Heras (ESP) 2-1 (Kanku sho) Demi-finale : M. Szkudlarek (FRA) / A. Caribe (BRA) 2-1 (Gojushiho sho) Finale : M. Szkudlarek (FRA) / A. Wakaï (JPN) 0-5 (Unsu contre Sup/mpei) «Elle est très forte aujourd’hui!», commentaire appréciateur d’un homme bien informé, le «coach», Yves Bardreau, l’homme de tous les instants, vibrant avec son athlète dans cette première partie de journée. De fait, après un marathon impressionnant, la championne d’Europe en titre n’avait pas abandonné grand chose à ses adversaires tout juste un point à l’Espagnole Cogolludo de Las Heras (sa rivale européenne et dernière championne d’Europe, en 2003, avant le retour aux affaires de la Française). Idem contre l’efficace, mais guère gracieuse brésilienne Caribe. Sûre d’elle, Myriam avait pris le risque calculé d’un kata «kanku sho» puis d’un «gojushiho sho» pour faire face à ses rivales, stratégie lui permettant d’arriver en finale avec «unsu». Contre qui ? Son éternelle rivale, la triple championne du monde japonaise A. Wakaï... |
![]() Atsuko Wakaï.
Impressionnante, elle remporte son 4e titre d’affilée. |
| " Quand j'ai découvert le karaté français"
Taiji Kase, le « SENSEI » japonais du karaté français, vient de disparaître. face à cette triste nouvelle, les amis et élèves, grands experts du karaté français, n’ont qu’une seule attitude : le silence du respect, qui accompagne au-delà de la mort. « Officiel Karaté Magazine » salue le maître par ces quelques lignes, en forme d’hommage. |
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| Taiji KASE EN BREF
Né le 9 février 1929 au Japon, Taiji Kase pratique tout d’abord l’aikido et le judo. Dans cette discipline, il devient 2e dan en 1944, date à laquelle il débute le karaté avec Gichin Funakoshi et son fils, Yoshitaka. Passionné par cette étude, il s’y consacre exclusivement, abandonnant finalement le judo au grade de 3e dan. À 16 ans, en 1945, il s’engage dans le corps des kamikazes de la Marine. La fin de la guerre, quelques mois plus tard, lui sauve la vie. Pendant ses études après la guerre, il devient capitaine de l’équipe de karaté de l’Université de Senshu. Entraîneur à l’université de Takushoku, il forme Enoeda, Shirai, Ochi. Il est l’un des plus forts piliers de la JKA, tout en gardant des contacts étroits avec les leaders de l’association Nihon Karate-do Shotokai, d’Egami et Hironishi ; qui avaient été ses instructeurs. En 1964, il quitte le Japon pour aller enseigner en Afrique du Sud, puis en Hollande, en Belgique, en Italie, avant de s’installer définitivement en France. Son influence sur le karaté français, européen et même mondial, est essentielle. Instructeur majeur du Karaté Shotokan de la JKA, il a toujours eu, cependant, une forme de karaté personnel, qu’il appelait Shotokan Ryu Kase Ha (École Shotokan tendance Kase). Il enseigne cinq ans au Dojo de la Montagne Sainte-Geneviève, chez Henry Plée qui l’a invité à venir en France, puis au centre Daviel (Paris, 13e) en 1972, puis pendant trois ans à partir de 1973 rue Daguerre (Paris, 14e), salle ouverte de neuf heures du matin à dix heures du soir. En 1986, il ferme son dojo parisien et décide de voyager dans le monde entier pour enseigner son art. En 1999, il est frappé par un infarctus. Vingt jours plus tard, il est de nouveau sur le tapis. Affaibli depuis quelques mois par la maladie, il s’est éteint à l’hôpital de Clamart (Haut-de-Seine), le mercredi 24 novembre 2004. |
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| Un portrait
Taiji Kase, c’était d’abord une silhouette. Petite et large, le hara « puissant », elle exprimait d’emblée le mélange de force et de rondeur qui le caractérisait, lui et son karaté. Suivi comme un maître par des générations successives de combattants et d’experts, Taiji Kase était exigeant avec les autres comme il pouvait l’être avec lui-même, mais sans autoritarisme. Celui qui avait été dans sa jeunesse l’homme chargé de répondre aux défis lancés à la Japan Karaté Association n’avait pas besoin d’imposer sa volonté aux autres… Comme en d’autres temps, sa posture tranquille, sa stabilité maîtrisée imposaient un message net à l’entourage : Même dans la rue, il ne serait venu à l’idée de personne de le bousculer ou de l’agresser ! Il aimait dire, en manière de boutade, qu’après avoir survécu à son engagement dans le corps des « kamikazes » de la marine japonaise, rien de ce que la vie lui proposait ne pouvait être négatif, qu’il n’avait plus de raisons d’être triste. Et il promenait ainsi sur l’existence un sourire particulier, fait de joie de vivre et d’expérience mêlés. Plus peut-être que son niveau exceptionnel en karaté, c’est la force de ce charisme qui faisait sentir à son interlocuteur la profondeur de son implication dans le budo et l’incitait à le suivre avec respect. Taiji Kase, un maître... |
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